Et tout s’est enchainé…

Notre Rencontre (Partie 2)

Tu venais tout juste de voir le jour, nous avions la radio en fond « pour se détendre ». A ce moment là, passé une musique que j’aimais beaucoup, et qui nous marqua particulièrement durant les premiers mois de ta vie. Quand tu l’entendais/voyais le clip, tu ne disais plus rien, tu profitais de ce moment, comme si toi aussi tu te souvenais de ta venue au monde.

Ce petit moment de bonheur fut de courte durée pour ta maman qui comprenait, en voyant l’aiguille de notre cher apprenti sage-femme, qu’elle devait être recousue, et qu’elle avait donc eut cette épisiotomie, son cauchemars de grossesse quoi. Cette angoisse nous avait enlevé ta maman, tu profitais d’elle, mais elle ne pensait plus qu’à ça. Je trouvais ça dommage mais je tentais de m’incruster dans vos câlins, te montrer que moi aussi j’existais ! Ce moment dura plus de 45 minutes. Notre sage-femme me demanda à un moment d’aller à un endroit de la pièce, chercher un sachet d’aiguilles stériles que je lui rapporta, en faisant bien gaffe de ne pas regarder ce qu’il faisait… enfin tu vois, ça donne pas spécialement envie. Il me demanda d’ouvrir le sachet en stérile pour qu’il puisse saisir l’aiguille… Je trouvais ça drôle de « pouvoir participer » à ça… pas pro, c’est sur, mais drôle.

A un moment il me demanda d’aller chercher rapidement son collègue. A son arrivée, il lui demanda si tout semblait bon, s’il avait bien fait. Rassurant pour les nouveaux parents que nous étions. Je tentais d’appaiser un maximum ta maman en lui caressant le bras, essayant de capter son regard pour ne pas qu’elle y pense, ou juste parler de toi, qui était là sous ses yeux. Mais… c’était dur tout ça.

Toi, tu profitais tranquillement de quelques câlins avec maman, tout en cherchant le sein parfois. Maman essayait, elle voulait que tu puisses goûter à ça. Mais autant elle que moi n’étions pas spécialement formés, nous ne nous étions sans doute pas assez renseigné sur le « comment bien commencer un allaitement ». Une sage femme venait aider et rassurer ta maman, tu prenais difficilement mais tout irait bien. Une femme entra pour nous dire qu’elle allait s’occuper de toi, t’habiller, te faire belle. On la laissa faire mais il arriva vite un problème… tu sais je te disais qu’on nous avait dit que tu serais préma… donc dans la valise forcément nous avions du 1 mois maxi… Et voilà que madame était trop grande pour le 1 mois. A la naissance quoi !!! Du coup même ton body ne fermait pas… la honte ! On savait que ce petit ensemble acheté volontairement pour être ton premier ensemble, tu ne le mettrais qu’une seule fois (pas le choix on avait rien d’autre sous la main). J’irai dans la soirée chercher à l’appartement d’autres habits plus grands.

On montait enfin dans la chambre, et dans le couloir nous croisions Pascal, rencontré pour la première fois la veille et qui deviendrait plus tard notre voisin. Il nous lâcha un petit « Ah aujourd’hui c’était votre tour ! », un sourire échangé et nous arrivions dans ta première chambre. Il faisait chaud, bien trop chaud oui, mais nous étions bien à profiter juste à trois. Ta mamie me téléphona pour savoir à quelle heure elle pouvait passer, je répondis qu’on était tous très fatigué et que je préférerai qu’on reporte. Mais tu connais ta mamie hein… Elle trouva pleins d’arguments pour réussir à nous convaincre. « Je ferais des photos et j’enverra à tout le monde pour prévenir, vous n’aurez qu’a vous reposer après », « j’emmène des gâteaux pour [FEF], elle veut lesquels », « je passe au magasin pour acheter des fringues en 3 mois comme ça tu n’as pas à bouger »… Bref vers 19h elle était dans la chambre à te mitrailler de photos.

Tu étais si calme, si belle on avait beau être exténués… on passait notre temps à te parler, à avoir des regards. C’était si bon ce moment là. Et la première nuit arrivait, et… toi aussi « tu étais bien avec nous ». Tu ne voulais pas dormir (par la suite on comprendra bien que c’est parce que tu as très très faim et que tu n’arrives pas à prendre le sein correctement). Le papa protecteur que j’étais voulait que maman puisse se reposer un maximum, du coup plutôt que de te poser, je te prenais pour ne pas que tu pleures et j’arrivai déjà à te calmer. Mais bon… il fallait que je marche pour ça. Donc je tournais dans la chambre, parfois m’appuyant sur un mur. Il était tard et tu ne dormais pas, cette nuit serait réellement la plus longue de toute ma vie. On réveillait maman qui somnolait, de temps en temps, pour que tu ais un peu à manger, et je te reprenais encore et encore pour tenter de t’endormir. Pendant ce petit « rituel » qui s’installait, je fis une pause parmi tant d’autres sur ce mur, pour me poser un peu, espérant que tu ne re-pleures pas. Je senti ma tête partir en avant comme si j’allais m’endormir. LA PEUR DE MA VIE !! M’endormir debout avec toi dans mes bras…. impossible quoi ! Donc on repartait pour des rondes et des rondes sans ne plus jamais s’appuyer sur ce mur. En tout début de matinée, les premières obligations allaient arriver. Les contrôles pour ta maman, les « premiers cours » pour nous apprendre à bien te gérer… j’étais décalqué.

Une sage femme nous conseilla d’annuler toutes les visites que nous avions… ce que je fis immédiatement. Impossible de voir du monde, il me fallait dormir. Le matin tu arrivas à prendre le sein un peu mieux. C’était douloureux, mais ta maman arrivait à apprécier ce moment. Et toi tu pouvais enfin te régaler. Tu dormis, tout comme nous, pas mal cette journée-ci. Et le soir venu, après avoir fais un aller retour à la maison pour prendre un douche et manger un morceau, arrivait ta première vraie nuit, bien entendu tu te réveillais toutes les deux heures voir moins pour prendre le sein, mais entre deux tétées tu dormais contre ta maman. Une nuit parfaite.

Le dimanche matin, je devais aller te déclarer à la mairie. J’attendais mon tour derrière deux autres papas, et je m’amusais à me dire qu’ils vivaient sans doute des choses tout aussi forte que moi. Je déclarais ton petit prénom, nous avions décidé que tu n’en aurais qu’un (et je te rassure il valait mieux pour toi ! Ta mère avait des idées loufoques, elle voulait te nommer « Bulle » parce que c’était « léger »). Et au niveau du nom, on voulait tous les deux que tu portes le mien. Tu arrivais 6 mois avant le mariage, nous aurions bientôt tous le même.

Le reste du séjour ne se déroula pas sans accrocs. Tu sais, tu étais un très beau bébé, 3,768kg pour 53cm. L’allaitement n’était pas concluant. On tenta le tire-lait, pour pouvoir donner quand même du lait maternel mais ta maman avait si mal qu’elle en pleurait. J’ai réussi à e débrouiller pour passer ces 5 jours et nuits à vos côtés, je partais juste 30 minutes quotidiennement pour prendre une douche, me changer). En plus, ta mère avait toujours peur d’avoir peur à cause de son épisio et donc elle préférait rester tout le temps dans son lit. Au quatrième jour, je décidais d’insister pour qu’elle se lève et marche un peu, c’était dangereux de rester tout le temps dans cette même position. En fin de séjour, on en a beaucoup parlé, et nous avons décidé de passer au Lait Artificiel. Une chose très dure à accepter mais c’était mieux pour ta maman, je ne la voyais pas prête à continuer. Et je me consolais en me disant que je pourrais me lever la nuit pour profiter de ces moments là.

De ce séjour, il me reste beaucoup de souvenirs, des bons, des moins bons mais c’est là qu’on a pu te découvrir. Rien était plus beau que ces moments là. Nous étions si fier de toi, tu étais parfaite.

A suivre…

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Sep30

17 réponses à “Et tout s’est enchainé…”

  1. très beau texte ! on ressent ton émotion, et en lisant je me visualisais bien ta marche en rond dans la chambre pour tenter d’endormir ta fille, ta fatigue …

    « Bulle », bravo de ne pas avoir accepté !

    • Je pense, oui, que je ne suis pas le seul a avoir fais des centaines de fois le tour de ma petite chambre 🙂

      Eh oui, pour une fois que j’ai su dire non 😉

  2. vraiment très joliement ecrit, on ressent bien « ta fatigue » !

    GeekPapa n’est pas resté la nuit avec moi, j’aurai tellement voulu… mais il avait besoin de dormir aussi… il a dormi… 15h d’affilé à la maison !

    Il etait resté avec moi pendant les 3 jours qu’ont duré le declenchement + cesarienne d’urgence… mais bon, il fallait bien qu’un de nous deux soit d’aplomb !

    • Oui c’est tout une organisation pour pouvoir rester, entre les boulots, la fatigue… Pas toujours simple.

      Moi j’ai eut cette chance de pouvoir me libérer et donc d’y être quasiment tout le temps. Et je regrette vraiment pas tout ça !! 🙂

  3. Beau billet P-C. Julien avait pu rester avec moi tout le long du séjour, et heuresement car je ne pouvais pas trop bouger. Très émouvant ton récit !

  4. SimsFamily dit:
    30/09/2011 à 06:14

    Pfiou que d’émotions !!! C’est magnifique comme tu écris !! Et ta fille ne peut que être parfaite !

  5. Très beau récit…c’est fou comme on le vit avec toi! Je t’imagine très bien faire les ronde dans la chambre!
    Pour mon 1er le papa était la jour et nuit avec moi c’était top! (et je nous revois faire quelques rondes aussi…!)
    En tout cas…tu débordes d’amour pour ta fille et je trouve ça magnifique!

    La suite! La suite!

  6. laetitia0134 dit:
    30/09/2011 à 07:58

    superbe ce récit,ca me rappelle mon séjour,en tete a tete avec ma poulette eh oui papa bossait 10 à 12h par jour

  7. Doudie Hastey dit:
    30/09/2011 à 09:44

    C’est trop drôle, la seule musique qui apaisé Jahya c’était libertad aussi! Elle a du pouvoir cette musique…
    Très beau texte

  8. Très beau texte! On sent tout l’amour que tu portes à ta fille et aussi toute ta fatigue ^^
    Vivement la suite 🙂

  9. je vois bien la scène en effet de celui qui tourne en rond …

    En plus… Pep’s ! elle a eu raison ta marmotte de pointer son nez à ce moment là !

    Magnifique texte en tout cas !

  10. Que d’émotions!!! tout simplement magique ce billet, j’ai l’impression de vivre ce que tu écris tellement tu l’expliques bien. Tres émouvants!

  11. Hey, vous arrêtez d’être toutes gentilles !! 😀 Merci à vous toutes, ça me touche vraiment 😉

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